Lina Ouellet
Le 16 juillet 2005, par un beau samedi ensoleillé, Lina Ouellet et son mari, propriétaire d’un petit avion Zenair Super Zodiac, décident de partir tôt le matin vers Lac-aux-Sables, à 95 kilomètres au nord-ouest de Québec, pour une journée de baignade. En fermant la porte derrière elle ce matin-là, jamais Lina n’aurait imaginé qu’une telle tragédie se préparait.
Après une inspection d’usage de l’avion à l’aéroport, ils décollent vers 10 h 30 emportant avec eux leur petit chien, Capitaine Crochet. Pendant la durée du vol, tout se passe très bien et rien d’anormal n’est remarqué.
L’avion atterrit sur la piste de Lac-aux-Sables vers 11 h 30 et la journée s’annonce magnifique. Cette escapade en plein air passe bien sûr trop vite et voilà qu’il est déjà temps de repartir. Après une autre inspection d’usage, l’avion décolle vers 17 h. Le mari de Lina signale alors des ennuis de moteur et doit faire un atterrissage d’urgence dans un champ près de Saint-Ubalde, dans la région de Portneuf. Dans l’énervement, Lina perd conscience. Elle ne revient à elle qu’après l’écrasement de l’avion, qui a pris feu. Son mari veut l’aider à sortir de l’avion, mais malheureusement, il est coincé au poste de pilotage.
Environ trois minutes après l’écrasement, un jeune homme du nom de Michel Hardy arrive sur les lieux de l’accident et tente de secourir le mari de Lina. Des explosions successives l’empêchent toutefois de s’approcher de l’avion et de lui venir en aide. Il s’occupe alors de celle-ci en attendant l’arrivée des ambulanciers.
Le choix de vivre
Dans l’ambulance, Lina reste consciente durant tout le trajet. Elle est admise à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec, à l’unité des grands brûlés. Elle est brûlée sur 70 % de son corps, au visage, aux bras et aux jambes. Elle a également subi une fracture ouverte à la cheville gauche. À son réveil, après un coma de quelques semaines, elle se souvient de tout – le décès de mon mari, les détails de l’accident -, mais elle sait aussi qu’elle est gravement brûlée.
En octobre 2005, après trois mois d’hospitalisation à l’unité des grands brûlés de l’Enfant-Jésus, Lina est transférée au Centre François-Charron pour y suivre des traitements intensifs de physiothérapie et d’ergothérapie. Elle doit porter des vêtements compressifs, une mentonnière, un masque et des orthèses pendant plus d’un an et demi.
Après 18 mois d’acharnement, de motivation, de détermination, de traitements de physiothérapie, d’ergothérapie, d’orthophonie et une vingtaine de chirurgies, Lina rentre finalement à la maison en janvier 2007.
Et la vie continue…
Presque trois années se sont écoulées depuis l’écrasement de l’avion. Aujourd’hui, Lina a repris le contrôle de sa vie. Elle vit dans un condo à Québec avec son petit chien, Capitaine Crochet, qui a été retrouvé deux jours après l’écrasement de l’avion par une dame de Saint-Ubalde. Elle conduit sa voiture et a même repris l’avion pour aller visiter son frère à deux reprises en Floride. Elle suit encore, deux fois par semaine, des traitements au Centre François-Charron, et plusieurs chirurgies sont à venir.
Lina Ouellet est très fière du chemin parcouru à ce jour. Grâce au sang-froid et au courage exemplaire de Michel Hardy, du pompier Serge Auger, et grâce également au soutien extraordinaire de sa famille et de plusieurs thérapeutes, elle a réussi à traverser ces épreuves sereinement.
Elle a accepté d’être l’un des porte-parole des grands brûlés pour le 25e anniversaire de la Lotopompier afin de remercier tous ceux et celles qui l’ont aidée à passer au travers cette tragédie : Michel Hardy et son père, Réginald Hardy, les ambulanciers, les pompiers, dont le chef pompier Serge Auger, l’équipe de l’unité des grands brûlés de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et le personnel du Centre François-Charron.
Un tel courage est une constante source d’inspiration pour tous ceux et celles qui travaillent sans relâche à la campagne de financement de la Lotopompier, et ce, depuis 25 ans déjà.






